Le patrimoine, qu'est-ce que c'est?
Selon le dictionnaire Larousse, le patrimoine, du latin patrimonium (« l’héritage du père »), a plusieurs définitions, que voici :
- Bien qu'on tient par héritage de ses ascendants.
- Ce qui est considéré comme un bien propre, une richesse
- Ce qui est considéré comme l'héritage commun d'un groupe
- Ensemble des biens, droits et obligations ayant une valeur économique dont une personne peut être titulaire ou tenue.
- Ensemble des éléments aliénables et transmissibles qui sont la propriété, à un moment donné, d'une personne, d'une famille, d'une entreprise ou d'une collectivité publique.
On s’aperçoit donc que la notion de patrimoine est assez vaste, elle peut être rapportée à un individu comme à un groupe ou une collectivité, il peut être culturel, financier… et témoigne du passé ou du monde actuel. Il est souvent reconnu comme digne d’être conservé et mis en valeur, afin d’être transmis aux générations futures. Il y a une notion d’art et d’héritage. Le code du patrimoine explique que la conservation du patrimoine est faite dans l'intérêt du public, tant pour les besoins de la gestion et de la justification des droits des personnes physiques ou morales, publiques ou privées, que pour la documentation historique de la recherche. Il y a une double valeur de gestion et de preuve. Mais il y a aussi une valeur d'information, de documentation.
De nos jours, une véritable politique de conservation, de restauration et de mise en valeur du patrimoine est mise en place, que ce soit au niveau associatif, communal, régional, national et même international. On parle de patrimoine national en France depuis la Révolution, où on est passé d’un patrimoine familial à un patrimoine appartenant à la nation. Une des première politiques patrimoniales connues est celle de Louis-Philippe, qui à partir de 1830, créé les Monuments Historiques, afin d’inventorier les monuments remarquables nécessitant une protection et une restauration. Un budget est même alloué à cette entreprise, seulement, cette liste n’est pas exhaustive et dépend de l’accord des propriétaires des bâtiments. De plus, les architectes et ouvriers chargés des travaux n’ont aucune qualification spécifique au patrimoine. Quelques années auparavant, des mesures pour conserver le patrimoine français avaient déjà étés prises, avec la création de musées nationaux et des lois visant à protéger les oeuvres d’arts, peu de temps après la Révolution. Mais c’est au XIXème siècle réellement que sont prises des mesures visant à conserver le patrimoine. En 1887, la loi concernant les monuments historiques est signée, mais elle ne concerne que les bâtiments publics. Il faut attendre 1913 pour qu’elle soit étendue aux propriétés privées. Dix-sept ans plus tard, la loi du 2 mai 1930 élargit la protection aux zones entourant les monuments classés, et souhaite effectuer une « protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire et pittoresque. » En 1941, la loi Carcopino réglemente les fouilles archéologiques et en 1978, le terme « patrimoine » apparait dans la législation française. Puis, les ZPPAUP (Zones de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager) sont créées en 1983, deux ans plus tard ce sont les CO.RE.P.H.A.E. (Commissions Régionales du Patrimoine Historique, Archéologique et Ethnologique). En 1996, la Fondation du Patrimoine voit le jour, elle a pour but « la connaissance, la conservation et la mise en valeur du patrimoine national ».
Mais, comme il a été dit précédemment, la protection du patrimoine se fait à plusieurs échelles. En 1972, l’UNESCO (Organisation des Nations-Unies pour l’Education, les Sciences et la Culture) adopte un traité international appelé : « Convention et recommandations relatives à la protection du patrimoine mondial culturel et naturel ». Cette convention a été signée par 21 états en 1975. Aujourd’hui, c’est plus de 935 biens qui y sont inscrits, répartis dans 153 états différents. Quelques années plus tôt, la Convention de La Haye (1954), ordonnait la protection des biens culturels en cas de conflit armé. En 1970, une convention est signée concernant l’importation, l’exportation et le transfert illicites de bien culturels. Six ans plus tard, le Comité du patrimoine mondial est créé.
Pour entrer dans cette convention, plusieurs critères ont été retenus :
- Représenter un chef-d’oeuvre du génie créateur humain.
- Témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages.
- Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue.
- Offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine.
- Être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer.
- Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des oeuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle.
- Représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles.
- Être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l'histoire de la Terre.
- Être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes.
- Contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique.
La protection, la gestion, l'authenticité et l'intégrité des biens sont aussi pris en compte.
Aujourd’hui, la notion de patrimoine continue encore est toujours d’évoluer. Elle englobe désormais le patrimoine archéologique, industriel, urbain, rural, maritime, littéraire, cinématographique, photographique, culinaire, linguistique, ethnographique… On ne conserve plus uniquement des bâtiments, ou du mobilier, mais également un savoir-faire, des rites, des langues régionales, des sites comme la dune du Pyla, des marais (parcs régionaux, nationaux, ou encore les zones protégées) etc.
Mais il faut savoir que le patrimoine n’a pas toujours été reconnu et protégé. Par exemple, durant de nombreuses années, les momies égyptiennes étaient réduites en poudre afin d’être transformées en médicaments. De nombreux actes de vandalismes ont étés commis, sous la Révolution par exemple, et il n’était pas rare d’ailleurs que des monuments soient détruits, afin de récupérer des pierres pour construire d’autres constructions. A Paris, il existe une ruelle pavée de pierres tombales. Après la Révolution, les biens confisqués à l’Eglise et à la noblesse sont mis à disposition du peuple, sans moyens de conservation ou de préservation.
Il faut être fier d'avoir hérité de tout ce que le passé avait de meilleur et de plus noble. Il ne faut pas souiller son patrimoine en multipliant les erreurs passées.
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