Le Musée du Papier
Le musée du Papier à Angoulême, connu aussi sous le nom du Musée du Nil, est installé sur les bords de la Charente dans des anciennes papeteries.
L’entrée est gratuite, seules quelques animations sont payantes. Un tarif réduit est proposé aux jeunes, aux RMIstes, aux chômeurs, aux étudiants, aux enseignants et aux groupes de plus de 5 personnes.
Le fleuve Charente est depuis longtemps utilisé par les hommes et il n’est pas rare de tomber sur des écluses, des moulins à eau, des ports, des papeteries plus ou moins abandonnées, en état de marche, le long de ces rives. Angoulême ne fait pas exception à la règle, autrefois, le port de l’Houmeau était un port connu et vivant, et de nombreuses papeteries étaient implantées sur les berges de la Charente, tout comme d’autres industries d’ailleurs. Le site où est installé le musée témoigne bien de ce riche passé, il a depuis toujours été un haut-lieu d’Angoulême, économiquement et culturellement parlant.
Dès le VIème siècle, on voit surgir sur les bords de la Charente l’abbaye de Saint-Cybard. On voit également apparaitre les premiers moulins. Lors de la Révolution, l’abbaye est vendue, et avec les débuts de la révolution industrielle, vers 1972, le quartier devient un des plus industrialisé d’Angoulême. On y trouve des papeteries, des imprimeries, des fonderies, des brasseries… amenant ainsi une population ouvrière. L’ile Marquet, qui avait connu une occupation romaine, voit apparaitre une usine, et plusieurs lavandières. Pendant plus d’un siècle, ce quartier va donc être un des quartiers les plus vivants et dynamiques d’Angoulême, cependant, petit à petit, toutes ces industries disparaissent lentement. Toute activité industrielle s’arrête dans le dernier quart du XXème siècle. Mais cet arrêt des industries ne signifient pas pour autant la mort de ce quartier. Fort de son histoire et de son riche patrimoine, il attire toujours autant. Le pôle de l’Image Magelis et la Cité Internationale de la Bande Dessinée ont pris leurs quartiers dans d’anciens bâtiments industriels réhabilités. Le Musée du Papier quant à lui, est installé depuis 1988 dans d’anciennes papeteries. De 1830 à 1910, ce sont tout d’abord les papeteries Lacroix qui occupent le site, afin de devenir les papeteries Joseph-Bardou « Le Nil », dès 1918 et ce, jusqu’en 1972. Onze ans plus tard, la ville d’Angoulême achète le site, les architectes Reichen, Robert, Fougeras-la-Vergnolle et Culman rénove les installations jusqu’en 1987. Le musée a ouvert ses portes en 1986, sous l’influence de Denis Peaucelle, qui fut le conservateur du musée jusqu’en 2011. On peut encore apercevoir des vannes, des coursiers et une roue à aubes, ainsi que plusieurs taches d’huile ou marques d’usure dans la pierre témoigne de ce passé industriel. Dans le même bâtiment se situe l’Artothèque.
Au départ, le fonds se composait de la collection du papetier Henri Lacombe, acquis par le musée d’Angoulême en 1970. Depuis, les collections n’ont pas cessé de s’étoffer, et témoigne aujourd’hui de l’industrie papetière. Elles sont composées d’objets divers et variés, comme des échantillons de papier, du matériel de fabrication, des emballages, du papier à cigarette, des affiches, des calendriers… Le musée compte également un important fonds documentaire comprenant des ouvrages anciens, sur l’histoire du papier, ainsi que de nombreuses photographies, des documents vidéos etc. Malheureusement, faute de conservateur, ce fonds n’est pas accessible au public. Il n’y a ni prêt, ni consultation, ni classement, ni inventaire.
Au rez-de-chaussée, appelé « Rez-de-Charente », se trouve l’exposition permanente « Charente confluences : du fleuve aux industries, du papier à l’image ». On y découvre l’histoire du site, la vie ouvrière, mais également l’histoire du pôle Magelis. On peut également y apercevoir des vannes permettant de réguler le débit de l’eau, ainsi qu’une roue à aubes. Il y fait assez humide, et le fracas de l’eau est assourdissant. Différents thèmes sont abordés dans cette exposition : le fleuve Charente et ses différentes fonctions, les principaux aspects de la papeterie, les nombreuses industries du département de la Charente, l’histoire du site au cours des siècles, la Vallée des images à Angoulême et les écoles de formation. L’accueil se trouve à l’étage, il y fait plus sec, plus chaud, c’est moins bruyant. On y trouve également les salles d’expositions temporaires, ainsi que les bureaux du personnel et le centre de documentation. Actuellement, deux expositions temporaires sont proposées : « Quart de siècle, 25 ans d’acquisitions au Musée du Papier » et « Eric Joisel, le magicien de l’origami ».
Trois types de visite sont proposées :
• Les visites libres, avec des textes d’accompagnement, des jeux de piste…
• Les visites accompagnées sur rendez-vous
• Les visites-conférences, qui développent un aspect spécifique des collections et/ou des expositions afin d’en offrir une analyse différente.
Le musée propose de nombreuses animations. Il y a tout d’abord des activités éducatives à destination des scolaires, mais également des particuliers. Elles ont des thèmes divers, « Ça cartonne » par exemple, est un atelier qui consiste à fabriquer et à customiser un meuble en carton. Dans le même thème, un autre atelier propose une initiation à la fabrication du papier à partir de papiers recyclés. Mais on peut également découvrir l’histoire de l’écriture, ou encore l’histoire du fleuve Charente lors de l’atelier « Paysage fluvial ». Chaque trimestre, un objet issu des collection est exposé à l’entrée du musée, sans aucune explication, les visiteurs doivent alors tenter de deviner de quoi il s’agit. Ce sont « Les Énigmes du Nil ». De plus, une fois par mois, le vendredi midi, le musée vous propose « Les Cafés du Nil », où on peut découvrir une partie ciblée des collections. Un club origami a également vu le jour, les premiers et troisièmes samedis du mois.
Certaines expositions du musée sont exportables, des panneaux, présentant l’histoire et la fabrication du papier, les techniques de gravure et d’impression, ou encore l’histoire du papier et de l’industrie papetière charentaise dans l’exposition itinérante « Tout sur le papier ». Des mallettes pédagogiques sont également proposées aux publics scolaires et associatifs, avec là aussi, différents thèmes, comme les techniques d’impression, les techniques de gravure, l’histoire et la fabrication du papier ou encore « Balbu-ciné », qui dévoile les secrets du pré-cinéma, avec l’animation des images et la naissance du mouvement. Cette mallette est le fruit de la collaboration du Pôle régional d’éducation artistique et de formation au cinéma et à l’audiovisuel, de l’Inspection Académique de la Charente, du Pôle Image Magelis, de l’École des Métiers du Cinéma d’Animation et du Musée du Papier. Ces mallettes sont disponibles au Centre Départemental de Documentation Pédagogique de la Charente, situé au château de l’Oisellerie à La Couronne, ville limitrophe à Angoulême.
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